Je me sens obligée de vous faire part d'un article que j'ai lu dans un journal gratuit distribué dans le métro...Je l'ai trouvé tellement vrai et drôle que je ne pouvais pas len garder pour moi !
France: Une jeunesse sonique vraiment crédible?
Où en sont nos bébés rockers made in France? Après les premiers concerts, certains ont trouvé une maison de disques et fait quelques télés.C'est désormais l'heure du premier album.Si la presse spécialisée demeure emballée par Naast, Plasticines, Second Sex et consorts, nous,on met en parallèle ce qui se passe ici avec la scène post-ado britannique.Du coup, on est forcément plus mesurés...
Ainsi, la France nous jouerait-elle-aussi-des airs durables de retour du rock'n'roll? On sait que, depuis 2003, dans les lycées francais, The Strokes,The White Stripes et The Libertines ont progressivement changé les habitudes vestimentaires: la population en pantalons moulants, petites vestes en cuir et baskets Converse a décuplé.Et parmi ces amateurs de guitares tranchantes, du rythme binaire et de l'attitude rock,certains ont meme monté des groupes.Après quelques mois de répétition, viennent les premiers concerts.Puis, tandis que l'on se rend compte que le pubklic suit,le mouvement s'organise.Des clubs et des personnages clés mordent à l'hameçon, programment des rendez-vous réguliers.
A Paris, Phulippe Manoeuvre (rédacteur en chef de Rock & Folk) s'associe au Gibus pour les soirées "Rock'n'Roll Friday".Les radios et le Web relaient l'information.On découvre plein de nouveaux noms: Brasts,Brooklyn,Naast,Plasticines,Second Sex,Sourya,Violett; rien que des groupes de chez nous qui font du rock'n'roll.En mars 2006, la compilation "Passe ton bac d'abord"(sous la direction de Patrick Eudeline, autre figure du rock hexagonal)fait un état des lieux de la scène francilienne.
Mais la mouvance ne se limite pas à l'Ile de France.Et quand, par l'odeur alléchée,les maisons de disques entrent dans la danse,quelques jeunes élus signent leur premier contrat;puis un premier album.C'est le cas des quatre Plasticines, dont "LP1"est sorti il y a trois mois.
L'habit ne fait pas l'album
Les filles à franges, moyenne d'age 19 ans, chantent en francais et en anglais.Les morceaux sont brefs.Les instantanés des Ramones sont passés par là;B-52's, Blondie,Stooges,The Strokes,The Whites Stripes et The Libertines font aussi partie des influences.Les Plasticines ont pour elles une certaine vitalité.En outre, elles sont assez photogéniques.Mais les compositions laissent perplexes.Les chansons en francais évoquent à la fois les années yé-yé(1959-1968) et des airs très juvéniles du Club Dorothée(1987-1997), en un peu plus énervé.Si l'on peut comprendre l'engouement que les Plasticines peuvent susciter à uen échelle locale(les amis, le lycée, etc.), comme, par exemple, une curiosité à l'occasion d'un concert de fin d'année,on s'explique mal que Rock & Folk et Taratata puissent s'emballer pour le groupe.
A propos de leur morceau intitulé "Loser",le magasine-avec les Placticines en couverture-écrit:"Une chanson fabuleuse comme il en surgit trop rarement".Fichtre!Après plusieurs écoutes de ladite chanson,on a pourtant la sensation que le morceau ne tient pas la route.Pire, quand la chanteuse menace("Prends garde à toi,Loser"),on ne croit plus du tout à l'interprétation...Et depuis quand les "rockeuses" n'aiment pas les losers?!? Bref, l'hypothèse selon laquelle Rock & Folk cherche à rajeunir son lectorat est à prendre au sérieux.
Mais les lycéens d'aujourd'hui achètent-ilsla presse spécialisée? En tout cas, selon les Plasticines elles-mêmes-qui s'interrogeaient avec beaucoup de lucidité sur le bien fondé de sortir dans le commerce ce premier album-, ils n'achètent plus de disques.Dans ce contexte, ne pas s'étonner si la bulle rock'n'roll made in france éclate assez vite:s'il n'y a pas d'argent à se faire, les investisseurs vont rapidement retirer leurs billes.Ne resteront alors qu'un ou deux groupes, rescapés d'un emballement médiatique et marketing un peu grotesque envers des formations souvent caricaturales.
Combat déloyal
Car on a beau chercher,la plupart de ces rockeurs,quand ils chantent en francais,ne nous évoquent finalement que des parodies du type Les Forbans(auteur du hit "Chante" en 1982: "Chante, Chante, danse et mets tes baskets/Chouette, c'est sympa tu verras/Viens, surtout n'oublie pas/Vas y ramène-toi et tout le monde chez moi") ou Jesse Garon.
La faute sans doute à cette satanée langue qui a décidement du mal à entrer dans les habits, les vetements rock.On a pourtant suivi les recommendations-"Les Naast sont le rock"(Rock & Folk),"Naast:une soif à la fois pure et naive de se consacrer corps et ame à la musique"(Les Inrockuptibles)- et meme entendu les menaces -"Si vous n'aimez pas les Naast, vous etes vieux!"(Newcomer).Hormis peut etre quelques titres de Second Sex et des Shades,cette scène nous laisse assez froids.Et on ne croit guère en sa perennité.
Aussi, un parallèle avec ce qui se fait au meme age Outre-Manche est tentant.En Angleterre, Arctic Monkeys sirt ces jours-ci "Favourite Worst Nightmare".Ce deuxième album est plein de maitrise, bourré d'idées et de chansons galvanisantes.Cerise sur le gateau, il y a des textes.Et le disque a d'ores et déjà battu des records en terme de ventes.On peut rétorquer que la Grande-Bretagne n'a pas le meme rapport au disque ou à la musique que la France.Certes.Mais la balle est-elle uniquement dans le camp des consommateurs? Le fait objectif est que le niveau des groupes rock britanniques est bien supérieur à celui de nos compagnons du tour de France.L'émulation et la compétition y sont si vives que ceux qui percent sont pour la plupart des cracks; de surcroit, ils sont en général "bons pour l'export".
Les Artic de Sheffield ne sont ainsi pas les seuls.Dans la mouvance, citons Kaiser Chiefs, Maxïmo Park, Hard-Fi,The Dead 60's,Kasabian, ou, plus récemment, les dansants Klaxons (liste non exhaustive).Cette génération post-Strokes mèle à l'influence américaine des références très anglaises comme The Clash,The Jam voire,plus loin, The Kinks.Et sans doute savent-ils aussi, comme le disait il y a quelques semaines dans nos pages le groupe américain Scissor Sisters, qu'il ne "suffit pas d'etre une bande de gamins en T-shirt et jean serré qui regarde ses chaussures pour etre rock'n'roll".Oui, on peut aussi porter des robes,des chemises fluos,etc.S'agirait pas de remplacer une norme par une autre norme quoi...
Voilà, sans commentaire, je n'ai rien à ajouter...Tout est dit ! Et tellement bien !!